Les habitants de deux zones de production sucrière de Viti Levu, l’île principale des Fidji, exposées au risque de sécheresse peuvent espérer avoir bientôt accès à des approvisionnements en eau plus fiables, grâce à de récentes études hydrogéologiques. Ces études, réalisées par une équipe de spécialistes des ressources en eau de la Division géosciences de la Communauté du Pacifique (CPS), ont en effet permis de cartographier de nouvelles sources d’eau souterraine à Qerelevu (province de Ba) et à Nanuku-Wailevu (province de Ra).

Cette initiative, financée par l’Union européenne (UE) et mise en œuvre au titre du Programme de microprojets de la CPS, avait pour objet de venir en aide à des communautés qui ne sont toujours pas raccordées au réseau d’adduction d’eau géré par le Service de l’eau des Fidji et sont régulièrement confrontées à des pénuries d’eau.

« L’accès à des ressources en eau sûres et fiables pour la consommation et l’agriculture est une condition essentielle pour bâtir des communautés productives et en bonne santé. Or, du fait de l’augmentation de la demande en eau et de l’impact des phénomènes météorologiques extrêmes, certaines communautés en sont toujours privées. On peut capter les eaux souterraines afin de combler en partie la demande, mais il faut pour cela disposer de connaissances et d’équipements spécialisés et être en mesure d’assurer durablement la bonne gestion de ces ressources. L’Union européenne est fière d’appuyer une initiative qui a pour objet de faire de ressources potentielles une réalité, dans l’intérêt des générations actuelles et futures », déclare Emmanuelle Guihenuf, responsable de la Section questions économiques et sociales et coordination des programmes régionaux de la Délégation de l’UE pour le Pacifique.

Selon Peter Sinclair, Conseiller en suivi et évaluation des ressources en eau à la CPS, les études, qui reposaient sur l’utilisation d’équipements géophysiques de pointe permettant de mesurer la résistivité électrique des sols, ont permis de repérer l’emplacement probable de sources souterraines d’eau douce susceptibles d’être exploitées.

« La collecte d’eau de pluie, les sources et les puits peu profonds sont actuellement les seules sources d’approvisionnement en eau dont disposent les populations des zones prospectées. Lorsque les périodes de temps sec se prolongent, la collecte d’eau de pluie ne suffit plus, et les sources et les nappes phréatiques s’amenuisent, jusqu’à s’assécher complètement. Les ménages et les collectivités n’ont alors d’autre choix que de partager leurs maigres ressources en eau, ou d’aller se procurer de l’eau dans les quelques villages des alentours ayant accès à des sources qui ne sont pas encore à sec », explique M. Sinclair.

« Les eaux souterraines des sources plus profondes présentent l’avantage d’être moins touchées par les sécheresses et les cyclones et offrent par conséquent des approvisionnements en eau plus fiables. La philosophie du Programme de microprojets est de « reconstruire mieux », et les informations tirées de ces études vont nous aider à renforcer la résilience de ces communautés face aux risques de catastrophe auxquelles elles sont exposées », ajoute-t-il.

Le recensement de nouvelles sources d’approvisionnement en eau n’est qu’une première étape, mais il est néanmoins d’importance cruciale, dans la mesure où les informations qui s’en dégagent vont faciliter l’aménagement de nouveaux systèmes d’adduction d’eau là où la situation l’exige.

Il faudra ensuite procéder à des essais de pompage à partir de points de forage afin d’évaluer le volume et la qualité des ressources en eau souterraines et s’assurer qu’elles peuvent être exploitées de manière durable et répondent aux besoins des populations locales.

« Le meilleur moyen de garantir aux populations rurales des approvisionnements en eau sûrs et résilients est de tenir compte des contraintes physiques et sociales propres aux communautés pour lesquelles les ressources en eau doivent exploitées, gérées et entretenues », indique Peter Sinclair.

D’autres études similaires sont prévues en fin d’année dans quatre autres communautés de Ba, Tavua et Rakiraki.

Contact médias :

Martin Chong, Coordonnateur du Programme de microprojets, martinc@spc.int ou (+679) 337 9416